Appel à communication

Les utopies managériales

21e Journées d’Histoire du Management et des Organisations (21e JHMO) 16, 17 et 18 mars 2016. Lieu : UTBM Sevenans (Territoire de Belfort)

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Organisées par l’AHMO (Association pour l’histoire du management et des organisations), l’Université de Technologie Belfort-Montbéliard, le LSH (Laboratoire des Sciences Historiques, EA 2273) de l’Université de Franche-Comté, le Centre Georges Chevrier (UMR7366)

S’intéresser aux utopies managériales et organisationnelles, c’est interroger l’imaginaire et l’idéal vers lequel tendent les managers et gestionnaires. L’utopie est un monde rêvé, sans défaut, et, a priori, hors de portée. Parce que les managers conçoivent et mettent en œuvre des modèles d’organisation et de gestion, et qu’ils sont en quête de fonctionnement et de règles parfaits, il nous semble qu’ils sont plus que d’autres à même de produire des utopies.

Il conviendra tout d’abord de vérifier cette hypothèse en réalisant l’inventaire de ces utopies. Le terme est apparu à la Renaissance et il serait intéressant de mieux connaître ses déclinaisons dans le registre des organisations, qu’il s’agisse du monde de la production, du commerce ou des finances.

Il serait aussi intéressant de mettre en relation l’utopie managériale avec d’autres utopies, à commencer par celles des ingénieurs qui dès les débuts de la Révolution industrielle se sont souciés de mettre en place des organisations du travail à même de supporter la mécanisation de la production. L’impact du changement technique pourrait être décisif. Les liens avec les utopies politiques ou celles des hommes de lettres ne sont pas non plus à négliger. Que dire de l’évolution des utopies (politiques, en particulier) ? Sont elles toutes déclinées dans le monde des organisations ? (Entreprise citoyenne, démocratie dans l’entreprise…)

Ainsi, au-delà du discours et des écrits, il serait important de pouvoir décrire la mise en œuvre de projets de managers inspirés par ces utopies. La réciproque est tout aussi intéressante : à savoir montrer comment des organisations existantes ont pu nourrir des utopies.

Qui produit les utopies managériales ? Les discours comme les pratiques ne sont pas forcément l’apanage des managers eux-mêmes. D’autres acteurs contribuent à la conception des utopies : les ingénieurs bien sûr, les ouvriers qualifiés ou non, les consommateurs (co- gestion, coopératives). L’utopie managériale n’est pas non plus réservée au monde de la production industrielle : ceux des bureaux, des laboratoires de recherche, de l’administration

ne sont sans doute pas en reste. Plus récemment, l’irruption de nouveaux modes de communication et l’émergence d’une société de la connaissance ont vraisemblablement modifié les contenus et les modes d’énonciation de ces utopies.

Enfin il convient de s’interroger sur la réception, la diffusion géographique et la postérité de ces utopies. En quoi ont-elles contribué à l’évolution des pratiques managériales ? Ont-elles d’autre part influé sur les discours, les pratiques ou les conceptions en dehors des seuls univers de la gestion et du management ?

Quelques thématiques à envisager :

*Utopies : à l’origine une contrée idéale et sans défaut. Comment cela se traduit-il dans le langage des gestionnaires ?

  • La dimension historique des organisations de production. De l’usine au taylorisme en passant par Japy. Comment organiser au mieux le travail ou la production ;
  • Ingénieurs et managers : liens entre les deux professions, portraits de quelques figures clés.
  • Comment les organisations sont-elles influencées par des idéologies politiques (exemple de Lip, co-gestion) ?
  • Même type de question sur les modèles idéaux d’organisation de la propriété : par exemple les controverses sur les « communs »…

*Etc.

 

Session thématique

Une session thématique proposée par Lise Arena (CREDEG) et Thomas Durand (CNAM) sur la formation de managers est aussi ouverte aux propositions de communication.